Tuesday, 14 July 2009

L'avortement en Corée

L’avortement est plus ou moins interdit en Corée.

Tout d’abord, petit préambule. Mes excuses à toutes les (trop rares) personnes ayant suivi ce blog par le passé. Cette interruption était due à plusieurs facteurs, dont le plus important était la fin de l’écriture de mon MA (équivalent (ex)DEA en France?) portant sur la cohabitation en Corée. Je tenterai à l’avenir de le mettre à jour de manière plus régulière. L’avenir dira si je réussirai ou pas.

Passons donc maintenant au sujet du jour. O combien polémique.
Pourquoi l’avortement ?
Je serais tenté de dire : pourquoi pas ? Mais ça serait plutôt léger.
En fait, le sujet m’intéresse parce la légalisation des pratiques abortives est, je pense, le signe qu’une société est arrivée à un certain stade en ce qui concerne les relations de pouvoir entre les sexes. En d’autres termes, une absence de réel droit à l’avortement est le signe d’un manque de liberté féminine en ce qui concerne leur droit à contrôler les processus auxquels sont soumis leurs corps, et le signe du contrôle symbolique du corps des femmes par les hommes.
On peut donc apprendre beaucoup sur une société donnée en observant ce qu’il en est de ses pratiques abortives.

Qu’on ne se méprenne pas, avorter est presque toujours une expérience traumatisante — que les hommes ne peuvent qu’imaginer, sans pouvoir la ressentir dans leur chair — mais on constate en général que les femmes, les couples, désirant avorter le feront de toute façon, avec ou sans cadre légal. La légalisation des pratiques abortives n’est pas un encouragement à l’avortement mais une tentative destinée à aider les personnes se retrouvant dans une telle situation de manière à ce que cette épreuve se passe la moins mal possible. De plus, on peut constater, comme dans cet article, que l’absence de liberté d’avorter n’est pas synonyme d’un faible nombre d’avortements, on peut donc logiquement en conclure que la légalisation, ou son refus, de l’avortement est souvent une donnée idéologique correspondant à une certaine idée du monde, souvent décalée par rapport aux pratiques sur le terrain.

Bref.
Donc, comme j’écrivais quelques lignes plus haut, l’avortement est plus ou moins interdit en Corée.
Plus ou moins ?
Et bien oui. Plus ou moins. Bien qu’on ne puisse dire qu’il soit interdit, il est très strictement encadré par la loi et cela implique qu’il n’est en pratique possible d’avorter que sous certaines conditions.
Quelles sont –elles ces conditions ?

Les sections 269 et 270 du code pénal coréen, datant de 1953, interdisaient strictement l’avortement, mais fut révisé en 1973, par l’article 14 correspondant à la loi sur la santé de la mère et de l’enfant (« mother and child health law »), autorisant cette pratique dans les conditions suivantes : premièrement, quand le fœtus présente des handicaps physiques ou mentaux ; deuxièmement, quand l’un des deux parents est atteint d’une maladie contagieuse ; troisièmement, quand la grossesse a pour origine un viol ; quatrièmement, quand la grossesse a pour origine une relation consanguine ou avec des membres de la famille liés par alliance et dans l’incapacité de se marier ; et cinquièmement, lorsque la continuation de la grossesse pourrait mettre en danger la vie de la mère. Dans tous les autres cas, l’avortement est interdit et peut être puni par des amendes ou des peines de prison.

Cela ne veut pas dire pour autant que la pratique de l’avortement soit rare en Corée. Bien au contraire.
En fait, il semblerait même que la Corée présente l’un des plus forts taux d’avortement au monde.
Etant donné qu’il s’agit d’une pratique illégale, cela signifie que les seuls chiffres officiels disponibles se basent sur les avortements déclarés et rentrant dans le cadre de la loi (car un médecin/gynécologue procédant à un avortement en dehors de ce cadre légal peut se voir suspendu pour de nombreuses années, en plus d’éventuelles amendes ou peines de prison théoriques). Autant dire qu’ils ne représentent pas la réalité, et que la seule manière d’avoir une idée de l’étendue de ces pratiques est de se reporter à diverses estimations.

Si l’on cherche des informations sur l’avortement en Corée, on retrouve systématiquement une estimation faisant état de 1,5 millions d’avortements annuels. Il ne s’agit que d’une estimation, mais on la retrouve très fréquemment, y compris dans certains ‘manuels’ universitaires, on ne peut donc l’ignorer.
Si on cherche un peu plus avant, on trouvera d’autres estimations. Certaines, encore plus alarmantes, font même mention de 2 millions d’avortements par an. Et la plus ‘faible’ de ces estimations indique un peu plus de 350 000 avortements.

Pour vous donner une idée de ce ça représente, on peut comparer ces chiffres avec d’autres pays. En France, population d’environ 62 millions, le nombre d’avortements mensuels était de 210 000 en 2006. Au Japon, population supérieure à 127 millions, il était de 320 000 en 2003.
La population coréenne se monte à plus de 48 millions. Je vous laisse faire le calcul du nombre d’avortements en proportion de la population.

Même en prenant l’estimation la plus basse, on se rend compte que la Corée présente un nombre d’avortements particulièrement élevé en comparaison de la France et du Japon. La question est de savoir laquelle de ces estimations est la bonne ?
On est en droit de s’étonner des énormes variations d’une estimation à l’autre, car entre 350 000 et 1,5 voire 2 millions, la différence est incroyable. Quelle crédibilité accorder à ces données ? C’est là le problème. On sent bien qu’une telle variabilité a probablement pour origine des causes idéologiques impliquant les pour et les contre avortement (ou, comme diraient nos amis américains, les ‘pro-choice’ contre les ‘pro-life’, une utilisation, et manipulation, de la langue qui prêterait presque à sourire (avec l’insistance des américain à utiliser systématiquement des formulations ne faisant pas intervenir la négation – restons positifs !!!) si le sujet n’était pas si essentiel) dont le but est peut-être de choquer en exagérant les chiffres.

Il est intéressant de constater qu’une législation anti-avortement, qui a pour but de freiner de telles tentatives, apparaît comme n’ayant que peu, ou pas, d’effet. Car enfin, peut-on imaginer de manière réaliste qu’une éventuelle légalisation de l’avortement aboutirait à une augmentation de la fréquence de ces pratiques étant donné le déjà fort taux actuel ?

Au cours de mes pérégrinations en Corée, j’ai pu rencontrer plusieurs coréennes avec qui j’ai pu discuter de ce sujet. J’ai pu avoir la confirmation, de première main — de la part de femmes ayant avorté — qu’effectuer une IVG en Corée (à Séoul) était très facile, pratiquée dans quasiment tous les hôpitaux, et relativement abordable (300 000 wons il y a quelques années de cela, ce qui correspond à environ 170-180 euros au cours de change actuel, mais plutôt 250 euros à l’époque).
Pour info, il faut savoir que les hôpitaux publics sont très rares en Corée, la plupart sont privés, disons des cliniques, qui recherchent plus le profit que les hôpitaux publics. Un avortement est donc pratiquée en toute illégalité et sans lien aucun avec le système de sécurité sociale coréen (sauf les rares avortements entrant dans le cadre légal).

L’avortement est une pratique tellement ‘banale’ qu’une coréenne—ayant elle-même avorté—m’avait soutenu qu’avorter était légal. Et même en insistant lourdement elle continuait à ne pas me ‘croire’ quand je lui disais que c’était tout simplement illégal, excepté dans certaines circonstances.

Cette anecdote me fit réaliser à quel point l’avortement était une pratique banalisée. Car enfin, on ne peut penser qu’avorter est légal que si le processus menant à terminer la grossesse se passe de manière ordinaire. Ceux qui ont vu le film roumain ‘4 mois, 3 semaines et 2 jours’ portant sur l’avortement clandestin comprendront ce que je veux dire. L’illégalité entraîne en général la clandestinité et des conditions particulièrement sordides, mais ce n’est pas le cas en Corée. On constate un dissociation totale entre la théorie, la loi, et la pratique, son application.
Une étude récente, datant de 2003-2004, auprès d’étudiantes indique que 36,3% d’entre elles ne savaient pas qu’avorter était illégal. 36,3% de la population féminine étudiante !!! Plus d’un tiers de l’échantillon !! Est-ce que c’est imaginable ? Il semblerait bien que si, et c’est sûrement dû à une volonté de taire l’information sur le sujet auprès du public. L’avortement est tout bonnement l’un des nombreux sujets tabous en Corée. Un parmi tant d’autres…

A ce propos, on peut remarquer qu’il n’y a que très peu de personnes condamnées pour avoir enfreint l’interdiction d’avorter. La jurisprudence montre que l’avortement est très rarement sanctionné (45 cas jugés en 1990, dont seulement 5 condamnés). Et pour cause ! S’il y en a autant que ce que toutes les estimations semblent indiquer, on ne saurait commencer à juger plusieurs centaines de milliers de personnes. Car encore faudrait-il pouvoir leur mettre la main dessus.

Mais ce décalage entre théorie et pratique ne semble pas pour autant inciter le gouvernement coréen à envisager des changements dans ce domaine. Le gouvernement de Lee Myung-bak est par trop adepte de la démagogie pour se mettre à dos les lobbies anti-avortement et éventuellement endommager son image de bon père de famille.

Les Coréennes en sont donc réduites à avorter en ‘semi-clandestinité’ (en fait, ces avortements n’ont de clandestin que le nom (vis-à-vis des autorités) puisqu’ils sont effectués dans un cadre hospitalier) jusqu’à une possible révision de la loi, lorsque celle-ci sera devenue tellement obsolète (ce qu’elle est déjà de facto) que les politiques n’auront pas d’autre choix que de finalement officialiser une pratique déjà répandue dans la société.

Une enquête de 2003 auprès de personnes âgées entre 20 et 30 ans confirme ces pratiques et le décalage entre l’opinion publique et la loi. Elle indique que 72,1% des femmes et 65,4% des hommes pourraient pratiquer une IVG suivant les circonstances (c’est à dire autre que celles actuellement autorisées par la loi) ; et une autre étude de 2003 auprès du public en général fait état d’un taux de 73,7%.

Bien sûr, une possible légalisation de l’avortement va de pair avec une éducation sexuelle adaptée et des moyens contraceptifs efficaces, ce qui n’est probablement pas le cas actuellement en Corée. Je reviendrai peut-être dans un autre article sur ces points.

En ce qui concerne le public concerné, des études montrent que la plupart des femmes qui pratiquent l’IVG sont des femmes mariées et que la première raison qui est donnée est un échec de la contraception à presque 60%. On peut se demander comment ces chiffres sont obtenus étant donné la nature sensible du sujet…mais étant donné qu’en Corée, ‘traditionnellement’, les seules personnes sensées avoir des relations sexuelles sont les personnes mariées, de tels résultats sont peut-être inévitables, même si la réalité sur le terrain des pratiques sexuelles des jeunes est sûrement différente.

Un élément très important motivant les couples coréens à pratiquer une IVG est l’importance encore vitale de nos jours pour bien des gens d’avoir un fils. La société coréenne est généralement considérée comme celle ayant été la plus influencée par le confucianisme. En bref (car une fois qu’on a mis le doigt dans le confucianisme on a du mal à s’arrêter, et ce n’est pas le but de cet article), la lignée d’une famille se transmet par le fils aîné (descendance patrilinéaire), lequel sera responsable de pratiquer les rites dédiés aux ancêtres (de sa famille) à la mort de son père.

Donc, pour à la fois la perpétuation de la lignée familiale et la continuation des rites confucéens, un fils est nécessaire. Les femmes n’y participent pas, si ce n’est de loin, en préparant toute la nourriture nécessaire à leur tenue. Une famille se retrouvant sans héritier mâle, se retrouvera dans l’incapacité de pourvoir aux bien-être des esprits des ancêtres (et donc, par ricochet, aussi des vivants, car ceux-ci peuvent s’avérer méchants si on le s’occupe pas bien d’eux – ce qui est la source de bien des interventions de shamans en Corée, afin qu’ils calment un ancêtre mécontent), et court le risque de voir sa branche s’éteindre. Une situation insupportable pour bien des Coréens, car la lignée familiale est un concept quasiment sacré, et la source de bien des fiertés ou hontes (illustre ancêtre = fierté ; mauvais ancêtre = honte).

De ce fait, on peut logiquement s’attendre à une incidence sur le nombre d’avortements concernant les fœtus féminins. Et on peut effectivement constater ce point indirectement en jetant un œil au nombre de naissances annuelles au cours du temps, et particulièrement à la répartition entre naissances de garçons et de filles. Pour les premiers bébés nés dans un couple, on constate l’évolution suivante : en 1981, il y avait 107,1 garçons pour 100 filles, mais si on s’intéresse à ce taux pour le quatrième enfant il s’élevait à 112,9 ; dix ans plus tard, en 1990, le taux pour le premier enfant est de 116,5 et de 209,5 pour le quatrième, ce qui indique environ deux fois plus de garçons que de filles pour le quatrième enfant. Ce taux a chuté depuis, mais est toujours en faveur des garçons (en 2007, 106,2 pour le premier bébé et 119,1 pour le quatrième).

En d’autres termes, étant donné qu’un tel déséquilibre ne peut statistiquement pas exister naturellement, son origine est à chercher dans l’avortement des fœtus de bébés filles. Il est à noter que les gynécologues obstétriciens ont encore de nos jours l’interdiction théorique de faire connaître aux parents le sexe du bébé, à cause du risque plus élevé d’IVG quand il s’agit d’une fille. Théorique parce qu’il en va comme pour l’avortement, dans la pratique chacun (le corps médical) fait plus ou moins ce qu’il veut.

Il va sans dire que le problème du fort taux d’avortement en Corée n’est pas un sujet de prédilection des hommes politiques coréens, et qu’il reste tabou. Ce qui n’est pas très bon signe si l’on espère une chute du nombre d’IVG à l’avenir.
Bien sûr, une baisse du nombre des avortements passe d’abord par une meilleure éducation sexuelle et de meilleures conditions psychologiques et matérielles en matière de techniques et pratiques contraceptives. Mais elle passe probablement aussi par une modification des relations entre les sexes et d’une vision différente de tout ce qui touche au sexe, sujet traditionnellement tabou en Corée.

Ceux qui veulent avorter se débrouilleront toujours pour le faire, que ce soit dans de bonnes ou de mauvaises conditions. Pénaliser l’avortement n’a non seulement pas l’effet escompté (on le voit avec le cas de la Corée), une baisse du nombre des IVG, mais entraîne également une excessive culpabilisation de la mère souvent en détresse et de possibles conséquences pour sa santé lors d’une intervention mal encadrée.
Toutes les sociétés qui ont légalisé l’avortement n’ont jamais eu pour but d’inciter les femmes à avorter, mais de rendre cette expérience moins douloureuse physiquement et psychologiquement, ainsi que d’officialiser des pratiques largement répandues dans le public. Quand donc la Corée rendra-t-elle cette pratique légale ? Comme tout va vite en Corée, on ne sait jamais, mais en tout cas, pas avec le gouvernement actuel, qui a bien d’autres chats à fouetter sans jusqu’à aller se mettre à dos ses propres électeurs.

Friday, 23 January 2009

La démocratie coréenne en danger - Lettre au président

Bonjour tout le monde (y’a quelqu’un?)

Quand j’ai commencé ce blog, je ne pensais pas que je trouverais matière à parler de politique. Il semble bien que je n’ai pu m’empêcher d’écrire un post qui y ressemble. Mais bon, premièrement, ceci est mon petit blog à moi, et deuxièmement, la politique ne se borne pas à un débat gauche-droite, communisme contre capitalisme, ou à essayer d’être élu. La politique, c’est d’abord comment bien gouverner, et quand on parle d’un système démocratique, on parle d’un gouvernement du peuple par le peuple pour le bien du pays et de ses citoyens. De ce fait, la politique porte sur la vie, les droits civiques et sur tout ce qui permet à un peuple de vivre ensemble, et bien plus encore. Dans ce sens, on pourrait dire que j’ai écrit à propos de politique depuis le début de ce blog (sans même le réaliser…).

Donc, pour en revenir à ma petite contribution à la politique coréenne, il se trouve que j’ai écrit une lettre au président Sud-Coréen (je vous rappelle QU’IL NE S’AGIT PAS de Kim Jong-Il…Hum…) il y a quelques jours, et qu’elle a été publiée dans le journal en ligne Coréen « Ohmynews », avec un petit préambule expliquant pourquoi je me suis senti poussé à envoyer une telle lettre.

Ceux d’entre vous qui seraient intéressés, voici le lien de cet article. Il est écrit en coréen. Mes capacités en coréen ne sont pas trop mauvais mais ma femme m’a aidé à le corriger, en particulier en ce qui concerne la traduction de la lettre elle-même (plus que pour la section qui la précède.) La lettre figure dans la seconde section. Cette version sur ce blog, en français, est une traduction de l’originale en anglais. Pour l'article, cliquez ici.

J’ai écrit cette lettre en anglais car je souhaitais garder le contrôle de ce qui était dit et de comment c’était dit. Il est évident qu’on n’écrit pas de la même manière lorsqu’on écrit à un président, par conséquent écrire en coréen aurait signifié, pour moi, à cause de mes capacités linguistiques encore insuffisantes, une certaine perte de contrôle sur le contenu, et ce n’est pas ce que je voulais.
De plus, le gouvernement actuel a tellement insisté sur l’importance de l’éducation en anglais à l’école qu’il n’est que justice de leur envoyer un email dans cette langue, afin de vérifier s’ils me répondent ou pas.

Donc, pour en revenir à l’histoire principale.

Certains d’entre vous ont peut-être appris qu’une personne se présentant sous le pseudo de « Minerva » a récemment été arrêtée par les autorités coréennes, accusée de diffuser de fausses informations sur internet à propos de la politique du gouvernement.

Voici quelques liens (en anglais) résumant la situation, de Reuters et de Reporters sans Frontières.

Il se trouve que cette personne est au chômage, qu’elle a la trentaine, et qu’elle n’a pas de formation particulière en économie, ou dans pas grand chose d’autre, et qu’elle dit être passionnée par l’économie depuis le collège. En gros, il s’agit d’un autodidacte.
Il a fait plusieurs prévisions sur l’économie coréenne et la politique économique du gouvernement coréen qui se sont réalisées. Inutile de préciser que ses prévisions portaient sur ce qui n’allait pas, comme une chute de la bourse et de la monnaie coréenne, des prévisions qui n’étaient pas du goût du gouvernement présent, étant donné les problèmes que rencontre l’économie mondiale, et donc la Corée.

Ce “Minerva” prétendait également être un spécialiste en économie et finances, alors que ce n’était pas le cas. Ceux qui connaissent un peu la Corée, en particulier ceux qui y ont vécu, sauront à quel point l’éducation est importante pour les Coréens, et combien seront différentes les réactions des gens à votre égard suivant que vous ayez fait de longues études ou non. Un professeur d’université aura l’un des statut les plus hauts dans la société coréenne, alors que quelqu’un comme notre « Minerva » sera tout simplement un moins que rien.
Sachant cela, il n’est donc pas surprenant d’apprendre qu’il ait pu mentir sur son CV, car, autrement, personne n’aurait pris la peine d’accorder la moindre minute d’attention à ses articles.

Après avoir eu quelques prédictions correctes, un plus grand nombre de personnes commença à s’intéresser à ses écrits, croyant que leur auteur était une espèce d’expert financier à la retraite, alors que ce n’était pas le cas.

Il est important de rappeler que, pour autant que je sache, ses articles ne lui rapportaient rien, et qu’il n’a arnaqué personne, mais qu’il a juste été arrêté pour avoir prétendument menti sur son blog.
En fait, cela revient à écrire un blog dans lequel sont exprimées des vues sur l’économie d’un pays (de son propre pays), se tromper sur certains faits ou s’amuser et imaginer ce qu’il va se passer, ou prétendre savoir ce que va être la politique économique d’un pays, et se faire arrêter pour ces raisons.

Cool non?

Examinons d’un peu plus près son comportement machiavélique:
- Utilisation d’un pseudo en lieu et place de son vrai nom. Surprenant pour un blog ?!
- Faits avancés s’avérant faux. Alors que dire du président coréen annonçant, avant son élection, une croissance annuelle de 7%, et avertissant maintenant que celle-ci pourrait bien être proche de 0% en 2009, voire que la Corée pourrait même avoir à faire face à une récession. Accusé levez-vous !
- Diffusion de mensonges sur la politique du gouvernement. Et bien, puisqu’il est juste un citoyen de base, n’a-t-il pas le droit de dire ce que bon lui semble sur ce sujet ? Si certaines personnes, y compris des membres du gouvernement Coréen, sont suffisamment stupides pour croire tout ce qui est écrit sur le blog d’un auteur anonyme, il me semble que c’est tout d’abord leur responsabilité première que d’utiliser leurs capacités d’analyse (s’ils en ont – il semblerait que certaines personnes ne connaissent pas le sens de l’expression « esprit critique ») pour juger s’il est raisonnable ou non de croire dans les prévisions d’un blogeur anonyme. Personnellement, cela me semble, à tout le moins, déraisonnable et stupide.
- Mensonges sur son CV. Oh…vous voulez dire que… on peut m’arrêter pour ça ? Alors, si je disais que je parle coréen parfaitement sur mon CV ? Ca compte comme un mensonge ou pas ?… Apparemment la police va avoir du boulot dans les mois qui viennent.

Certaines membres (particulièrement déraisonnables/estrémistes/fous) du gouvernement reprochent également à Minerva d’avoir fait perdre 2 milliards de dollars au gouvernement sur le marché des changes, car il aurait tellement influencé le marché en diffusant certaines rumeurs qu’un grand nombre de personnes se seraient trouvées poussées à vendre des wons pour acheter des dollars, provoquant une chute de la devise coréenne (la plupart des analystes financiers disent que cela est tout simplement impossible, même si personne ne nie son influence).

En résumé, le problème principal est celui de la liberté d’expression et des libertés civiques. Si le gouvernement Coréen se met à arrêter des gens à cause de ce qu’ils disent ou écrivent, sur des blogs ou ailleurs, cela signifie, fondamentalement, un retour aux régimes « traditionnels » totalitaires du passé. Les Coréens veulent-ils cela ? Non. Aucun. A part peut-être ceux dont l’intérêt est de garder le peuple sous leur contrôle afin de pouvoir mieux les exploiter, c’est-à-dire les politiciens au pouvoir et leurs amis dans les affaires.

Il s’agit d’une affaire extrêmement grave. Si je ne le pensais pas, je n’écrirais pas ce post.

Ci-dessous suit ma lettre. Pour le moment, il semblerait que mon email n’ait pas encore été lu (envoyé le 12 janvier). La version française de ce post est bien plus tardive que la version anglaise(mis en ligne le 14), mais rien n’a changé. De ce fait, j’ai ré-expédié jeudi dernier (le 15) cette même lettre, non pas par email mais en recommandé cette fois-ci, afin de m’assurer qu’elle arrive bien à son destinataire. Bien sûr, impossible de savoir si elle sera même lue ou juste mise au panier. Mon sentiment est qu’elle donnera naissance à une petite enquête sur ma personne, afin de savoir qui est ce Français qui se permet d’écrire à son altesse sérénissime le Président de la République de Corée… et que je n’aurai pas de réponse…cela va de soi…

Je me doute que beaucoup pourront penser que tout ça ne sert pas à grand chose. Mais ils se trompent. A travers cette lettre, et à travers sa publication dans le journal coréen en ligne « Ohmynews », il semblerait qu’elle ait contribué à stimuler encore un peu plus le débat sur cette affaire. C’est vraiment un sujet sensible en Corée, avec ou sans cette lettre, mais si je peux contribuer à ajouter ne serait-ce qu’un peu plus de pression par cette action, ou à inciter ne serait-ce qu’une seule personne à être un citoyen un peu plus actif, je pense que ça en aura valu la peine.

N’hésitez pas à en parler autour de vous. Pas de cette lettre en particulier bien sûr, mais de cette affaire Minerva. Cela concerne chacun d’entre nous, que l’on vive en Corée ou pas, que l’on soit Coréen ou pas.

Enfin bref, voici la bête :

M. le Président de la République,

Je prends le temps de vous écrire cette lettre car les derniers développements d’une affaire faisant l’actualité de ces derniers jours m’inquiètent profondément.

Je fais référence ici à l’affaire « Minerva ».

Je suis particulièrement troublé par le fait qu’une personne puisse être arrêtée parce qu’elle aurait soi-disant avancé des faits inexacts dans l’un de ses articles

Si la Corée prétend être une démocratie, elle ne peut en aucun cas arrêter qui que ce soit sur la base de telles accusations. Si des gens sont arrêtés pour de telles raisons, cela voudrait donc dire que le gouvernement de Corée du Sud a décidé d’ignorer à la fois la loi et la liberté d’expression, laquelle est inscrite dans la Constitution coréenne elle-même.

J’ai le droit, si je le décide, d’exprimer une opinion qui va à l’encontre de la politique du gouvernement, ou qui soit fausse. J’ai même le droit, en tant qu’individu, de donner des chiffres inexacts à propos des politiques du gouvernement, tant que je n’exprime pas ces vues dans le but de réaliser une escroquerie. Après tout, de nombreuses personnes passent leur vie entière à mentir par omission, en particulier en politique ou dans les affaires, et ne sont jamais arrêtés. Les gens sont libres d’écouter, ou de ne pas écouter, toute opinion, et sont libres de leur accorder, ou pas, leur attention. Mais procéder à l’arrestation d’une personne à cause de ce que celle-ci a pu écrire constitue, sans aucun doute, un retour à des pratiques autoritaires indignes du grand pays qu’est la République de Corée.

Si on arrêtait les citoyens sur ces bases, le présent gouvernement coréen devrait probablement arrêter ou enquêter sur des milliers de personnes exprimant des vues ne plaisant pas à quelque membre du gouvernement. Etant donné que la Corée est fière de sa vibrante démocratie, il est tout simplement impossible d’arrêter quelqu’un sur la base d’une opinion personnelle qu’il aurait exprimée, car la force d’une démocratie réside dans sa capacité à permettre l’existence de toutes sortes de dialogues et l’expression de toutes sortes de points de vue et, en particulier, des vues opposant les politiques du gouvernement et qui sont la preuve d’une démocratie saine et dynamique.

La force d’une démocratie réside dans son peuple. Permettez-moi de vous rappeler quelques articles de la constitution coréenne, sur laquelle est fondée toute loi en Corée et qui est le fondement du système de gouvernement démocratique coréen.

Chapitre 1 – Principales dispositions
Article 1
(1) La République de Corée est une république démocratique.
(2) La souveraineté de la République de Corée résidera dans le peuple, et l’autorité de l’état émanera du peuple.

Article 7
(1) Tout fonctionnaire de l’état sera au service de l’ensemble du peuple et sera responsable devant le peuple.
(2) Le statut et l’impartialité politique de chaque fonctionnaire de l’état seront garantis comme indiqué par la loi.
(Source: "Labor Laws of Korea 2005" - Editeur: Ministre du Travail)

Comme vous l’aurez remarqué, et comme vous le savez déjà, le mot clé de ces articles est le mot « peuple ».
Par conséquent, lorsqu’un membre du « peuple » est arrêté de la façon dont « Minerva » l’a été, cela a de graves implications pour tous les autres membres du « peuple » de la République de Corée. En d’autres termes, la suppression potentielle de leurs libertés individuelles.

Monsieur le Président, vous avez été élu par le peuple pour servir le peuple. Comme de précédents événements l’ont montré en 2008, pendant votre présidence, votre rôle est de servir le peuple en tant que président, la plus illustre position qu’un Coréen puisse rêver d’atteindre grâce à sa diligence, son talent, son dévouement et des sacrifices personnels.

Je ne doute pas que vous soyez conscient de l’honneur suprême qui est celui d’être président du grand peuple coréen, et je ne doute pas que vous ayez consacré votre vie à essayer d’améliorer et développer votre pays, comme tant d’autres Coréens de votre génération qui ont travaillé si dur. Tous les citoyens en sont conscients et vous remercient d’avoir accompli votre devoir de la plus honorable des manières. Cependant, les événements auxquels je faisais référence au début de cette lettre sont extrêmement inquiétants, car ils menacent un principe central de la démocratie : la liberté d’expression ; le droit pour chaque individu d’exprimer son point de vue, qu’il soit pour ou contre le gouvernement.

Si ce principe fondamental est menacé, cela consistera en rien moins qu’une menace pour la démocratie elle-même.

Monsieur le Président, la preuve qu’une démocratie est saine et dynamique est vérifiée lorsque des vues opposées peuvent être exprimées sans crainte de se voir arrêté par le gouvernement en place. Si cela venait à disparaître de la vie politique coréenne, cela signifierait tout simplement un retour à l’époque des régimes autoritaires que les Coréens ont endurée pendant de nombreuses années et pendant lesquels tant de monde a souffert.

S’il vous plaît, n’imposez pas aux Coréens un retour à des jours plus sombres que plus personne ne souhaite vraiment. J’ai beau n’être qu’un étranger ignorant venant de France et habitant en Corée depuis 2002, et de ce fait ne pas être une personne dont on écoute les conseils lorsqu’il s’agit d’affaires coréennes internes, je ne suis pas ignorant quant aux principes de la démocratie. En cela vous pouvez me faire confiance. C’est pourquoi j’espère que votre gouvernement réalisera finalement que ce n’est pas dans l’intérêt de la Corée d’arrêter des gens sur la base de ce qu’ils ont pu dire ou écrire.

Je m’avancerai même en disant qu’une telle action pourrait probablement s’avérer anticonstitutionnelle. Bien que n’étant pas juriste moi-même, permettez-moi de citer de nouveau ici le début d’un autre article de la constitution coréenne.

Article 21
(1) Tout citoyen bénéficiera de la liberté de discours et de presse, ainsi que de la liberté de se réunir et de former des associations.
(2) La restriction ou la censure du discours ou de la presse, ainsi que la restriction ou la censure de la liberté de réunion ou de former des associations ne sera pas reconnue.

Monsieur le Président, avec tout le respect dû à votre position, je vous prie humblement, pour le bien de la démocratie coréenne et pour son futur au sein des démocraties de ce monde, de porter à cette lettre toute votre attention, et de prendre les mesures appropriées qui permettront de s’assurer que ne soit pas foulé aux pieds ce droit fondamental qu’est la liberté d’expression.

Je vous remercie pour votre attention.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, mes respectueuses salutations.


Bruno Payen

Wednesday, 14 January 2009

Korea's democracy in danger -Letter to the President

Hello everyone (anybody there?),

When I started this blog, I didn’t think I would get to write about politics. As it happens, it looks pretty much like I couldn’t help but write something that might be considered as such. But hey! First, this is my own little baby blog, and second, politics is not only about left versus right, communism versus capitalism or trying to get elected. Politics is about good government, and when we talk about a democratic system, it is about a government of the people by the people for the good of the country and its citizens. Therefore, politics is about life, about civil liberties and about everything that allows a people to live together, and so much more. In that sense, I might have been writing about politics even from the start of this blog (without even realizing it…).

So, to come back to my little contribution to Korean politics, I happened to write a letter to the Korean President (I remind you it’s NOT Kim Jong-il…hem…) a few days ago and had it published in the Korean online newspaper “Ohmynews”, with a little preamble exposing why I felt the urge to sent this letter.

For those of you interested, here’s the link to the newspaper. It’s written in Korean. My Korean language skills are not too bad, but my wife helped me a lot in correcting mistakes, especially when translating the letter itself (more so than the pre-letter section, which is less complicated). The letter, in English, is in the second section. Just click here.

I wrote and sent this letter in English because I wanted to control what was being said and how it was said. Obviously, one does not write the same way when writing to a President, so writing in Korean would have meant, for me, because of my still-to-be-improved-Korean-skills, some loss of control from my part on the content, and I did not want that.
In addition, the present Government has placed so much emphasis on the importance of English education at school that it is only fair to email them in English, in order to check whether they would respond to it.

So, to go back to the main story.

As some of you must know, a guy using the nickname “Minerva” has recently been arrested by the Korean authorities on charges of spreading false information on the internet about the government policies.

Here is a link to Reuters, summarizing the case, as well as from Reporters without Borders.

This person happens to be unemployed, in his thirties, and to have near to no education in economics, or in not much else, but claims he was interested in/passioned by economy since middle school. He did several predictions on his blog about the economy and the government policies that happened to be true. Needless to say that his predictions were about things that were going to go wrong, like a fall in the stockmarket and in the won, predictions that did not go too well with the present Government, given the dire economic situation worlwide.

This Minerva also claimed to be a specialist in economy and finance while it seems he wasn’t. Those of you who know Korea a bit, in particular those who have lived in Korea, will know how important education is for every Korean, and how different people will consider you depending whether you are highly educated or not. A university professor will have one of the highest status in Korean society, while someone like our guy, “Minerva”, will just be a nobody.
Based on this knowledge, it is not surprising to hear that he lied about his background, otherwise nobody would have even thought giving any sort of consideration to his articles.

The reality is that after having a few “predictions” right, more people started paying very close attention to his writings, believing he was some kind of retired financial expert, when he wasn’t.

What is important to mention is the fact that, as far as I know, he was not earning a living with his articles, and did not commit any fraud, but that he has just been arrested on charges of advancing falsehood on the Internet.
Basically, it is just like anybody writing a blog and expressing views about the economy of a country, getting facts wrong or even having fun and inventing what is going to happen or pretend to know what the government economic policy is going to be, and be arrested for it.

How cool is that?

Let’s have a look at his mischieval behavior :
- He used a nickname and not his real one. How surprising for a blog?!
- He then got some facts wrong. What about the Korean president predicting at first a 7% growth, or so, before being elected and now warning growth could be near 0%, or that Korea could even face a recession in 2009. Bring the charges!
- He lied about the government policies, spreading rumours. Well, since he’s just a basic citizen, is he not entitled to say whatever he wants about this kind of things? If some people, including people in the Korean government, are stupid enough to believe anything that is written in a blog whose author is anonymous, I think it is their responsibility first and foremost to use their analytical skills (if they have any – looks like some people don’t know the meaning of “being critical”) to judge whether it is reasonable to believe in the economic predictions of some anonymous blogger. To me it sounds, as least, unreasonable and foolish.
- He lied about his background. Oh… And…you mean…I can get arrested for that? So what if I say I can speak perfect Korean on my resumé? Does it count as a lie or not ?… I guess the police is going to be busy in the near future then.

Minerva is also blamed by some (extremely unreasonable) parties for the government loss of about 2 billion dollars on the currency exchange market, because he supposedly influenced the market so much by spreading rumours that people would have sold the Korean currency and buy dollars in vast quantities to protect themselves from a hard fall, provoking the fall of the Korean currency (most Korean financial analysts say this is just not possible, even if nobody denies he had some influence).

In short, the main issue about this case is freedom of expression and civil liberties. If the Korean government starts arresting people because of what they say or write in their blogs or elsewhere, it basically means a return to “traditional” Korean authoritarian regimes of the past. Do Koreans want that? No. Not one of them. Except maybe those whose interest it is to keep people under control so that they can better exploit them, ie. politicians in power and their friends in business.

This case is extremely serious. If I didn’t think it were, I would not be writing this post.

Below follows my letter. As it stands, it seems it hasn’t even been read yet(was sent on the 12th of January). If by tomorrow this email is not opened, I will (re)send it through recorded physical mail this time.

I know many people might think there is no point in doing such things. But they would be wrong. Through this letter, and through its publication in the online Korean newspaper “Ohmynews”, it seems it has contributed to stimulating the debate over this issue even more. It is indeed a hot issue in Korea, with or without this letter, but if can contribute to add just a little bit more pressure through this action, or incite people to be more active citizens, I think it will have been worthwhile.

Do not hesitate to spread the word. Not about this letter in particular of course, but about this Minerva case. Every one of us, foreigner or not, living in Korea or not, is concerned by this case.

Anyway, here is the beast:


Dear Mr President,

I am taking the time to write this letter because I am very concerned about the development of a case that has been reported in the news these last few days.

I am referring here to the "Minerva" case.

I am deeply troubled by the fact that a person could be arrested on charges of supposedly advancing false arguments in one of his articles.

If Korea claims to be a democracy, it surely cannot arrest anybody on account of such charges. If it does arrest people in this manner, it will therefore mean that the Goverment of South Korea has decided to ignore the rule of law and freedom of speech, which is inscribed in the Korean Constitution itself.

I have the right, if I choose so, to express an opinion that might be against the government policy, or that might be wrong. I even have the right, as a private individual, to tell wrong facts about the government policies as long as I am not expressing these views to operate some fraud. After all, many people spend their whole life lying by omission, especially in business and politics, and never get arrested. People are free to listen, or not to listen, to any views, and to consider or not to consider them. But to arrest someone because of what he has written is, without a doubt, a return to authoritarian practices not worthy of the great country that is the Republic of Korea.

If people were to be arrested on this basis, the present Korean Government would probably need to arrest, or investigate, thousands of people expressing personal views displeasing some government officials. Since Korea prouds itself in being a vibrant democracy, there can be no such thing as an arrest on the basis of some personal view expressed, because the power of any democracy resides in its ability to allow all kinds of dialogues to take place and all kinds of views to be expressed and, in particular, views that oppose Government policies and that are the proof of a sane and dynamic democracy.

The power of a democracy resides in its people. I shall remind you of a few articles of the Korean Constitution, on which all laws that exist in Korea are based and which is the foundation of Korea's democratic system of government.

Chapter I - General Provisions
Article 1
(1) The Republic of Korea shall be a Democratic Republic
(2) The sovereignty of the Republic of Korea shall reside in the people, and all state authority shall emanate from the people.

Article 7
(1) All public officials shall be servants of the entire people and shall be responsible to the people.
(2) The status and political impartiality of public officials shall be guaranteed as prescribed by act.
(Source: "Labor Laws of Korea 2005" - Publisher: Ministry of Labor)

As you will have observed, and as you already know, the word "people" is the key word of these articles.
Therefore, when one "people" is arrested in the manner as "Minerva" has been, it has serious implications for all the other "people" of the Republic of Korea. Namely, the potential outstripping of their personal liberties.

Mr President, you have been elected by the people to serve the people. As previous events during your presidency have shown in 2008, your role is to serve the people as President, the most illustrious position any Korean can hope to reach through hard work, talent, dedication and personal sacrifice.

I have no doubt you are aware of the supreme honour that is being President of the great Korean people, and I also do not doubt that your life has been dedicated to the advancement and betterment of your country, like so many other hard-working Koreans of your generation. Ordinary citizens know this and are thankful to you for having fulfilled this task of the most honourable manner. Nonetheless, the events I was referring to at the beginning of this letter are worrying in the extreme, because they threaten one central tenet of a democracy: freedom of speech; the right of all individuals to express their views, be they for or against the government.

If that basic tenet becomes threatened, we will witness no less than a threat to democracy itself.

Mr President, it is the proof of a sane and vibrant democracy when opposing views can be expressed without fear of being arrested by the Government in place. If that were to disappear from the Korean political life, it would mean no less that a return to the days of authoritarian regimes that Koreans had to live through for many years and during which so many people suffered.

Please, do not impose on Koreans a return to darker days nobody really wishes for any more. Even though I am only an ignorant foreigner coming from France and living in Korea since 2002, and therefore I might not be someone to listen to when it comes to Korean internal matters, I am not ignorant in the principles of democracy. In that, you can trust me. That is why I am hoping your Government will eventualy realize it is not in Korea's interest to arrest people based on anything they might have said or written.

I might even say that it could be probably be considered anticonstitutional. Athough I am not myself a lawyer, please let me quote here again the beginning of another article of the Korean Constitution.

Chapter II - Rights and duties of citizens
Article 21
(1) All citizens shall enjoy freedom of speech and the press, and freedom of assembly and association.
(2) Licensing or censorship of speech and the press, and licencing of assembly and association shall not be recognized.

Mr President, with all due respect to your position, I humbly urge you, for the sake of Korea's democracy and future among the democracies of this world, to consider this letter with all due attention, and take appropriate measures to ensure the fundamental right of freedom of speech is not trampled upon.

Thank you very much for your attention.

Respectfully yours,

Bruno Payen

Wednesday, 7 January 2009

LA COREE REUNIFIEE !!!

J'ai une SUPER info à vous communiquer. La Corée n'a plus besoin d'être réunifiée vu que c'est déjà arrivé et que tout le monde peut le constater.
J'imagine que personne ne me croit, mais c'est vraiment dommage, parce que, si on jette un oeil à la météo coréenne, il semble bien qu'ils savent quelque chose que nous (enfin, je veux dire vous) ne savons pas.

Voici une photo d'une météo récente sur KBS1 (décembre 2008):

Et en voici une autre de MBC:


Que remarquons nous?
Et bien il me semble que l'on nous montre la vérité, en d'autres termes la réunification des deux Corées est un événement qui s'est déjà produit. C'est juste que la plupart des gens se foutent royalement des prévisions météo (coréennes), ou bien ils seraient au courant de cet événement historique (c'est probablement lié au fait qu'ils se sont superbement plantés ces derniers temps).

Pour ceux d'entre vous qui ne verraient pas où je veux en venir ici (parmi les rares heureux élus qui osent me lire), apportons quelques précisions.
Comme tout le monde le voit sur ces photos ces prévisions concernent l'ensemble de la péninsule Coréenne, pas seulement la partie sud, qui est suposée être la Corée du Sud (nom officiel: République de Corée). Il n'est fait aucune mention de la Corée du Nord où que ce soit sur la carte, même si plusieurs températures visibles dans cette partie correspondent à la Corée du Nord et sont clairement indiquées.

C'est à dire que les prévisions météo reconnaissent l'existence physique de la Corée du Nord, en tant que zone septentrionale de la péninsule coréenne, but ne semble pas reconnaître son existence politique. Je n'ai pas vérifié si c'est également le cas de toutes les autres météos sur les autres chaînes coréennes, mais on peut s'en douter.

Cela devient encore plus intéressant si on regarde ce qu'il en est des cartes apparaissant dans des livres édités par des éditeurs Coréens (inutile de mentionner que je ne parle pas d'éditeurs Nord Coréens)

Un petit livre qui est régulièrement réédité et dont le titre est, ironie du sort, "Facts about Korea", offre plusieurs cartes du pays. Si vous feuilletez le livre, vous pourrez voir la carte de Corée suivante:

Cette carte n'est ni une carte des caractéristiques géographiques de la Péninsule Coréenne (montagnes, fleuves, etc.) même si les montagnes principales sont indiquées de manière symbolique par de jolis petits dessins sympas, tout comme les fleuves et quelques plaines, ni une carte politique, ou nous aurions d'autres d'indications à part les noms des pays et celui de Séoul comme l'unique ville alentours. Mais une chose est sûre: malgré le fait que les pays voisins sont visibles (la Chine et la Russie), ce n'est pas le cas de la Corée du Nord.

Les autres cartes de ce livre offrent le même aperçu, dont la caractéristique récurrente est l'absence notoire du voisin nordique.

Bon, comme il se pouvait que cela soit dû à de la malchance et au choix du livre, pour en avoir le coeur net, je suis allé faire un tour à la librairie Kyobo (la plus grande de Séoul), et ai vérifié d'autres livres et cartes sur la Corée (édités par des éditeurs Sud Coréens, un point bien sûr très important) pour m'assurer que je n'étais pas la victime d'hallucinations ou d'idées préconçues sur ce que j'avais suspecté depuis de nombreuses années mais n'avais jamais pris le temps de vérifier.

Je suppose que vous avez déjà deviné le résultat de cette petite recherche, et vous avez raison (parce que vous êtes tous très intelligents): AUCUNE CARTE de la Corée ne mentionne l'existence de la Corée du Nord (j'aurais dû mentionner son nom officiel: La République Populaire Démocratique de Corée).

Et vous me trouverez peut-être naïf, mais je trouve ça tout bonnement INCROYABLE!!!

J'ai souvent discuté de la possibilité d'une réunification future entre le Nord et le Sud avec des amis (Coréens ou non), ma (belle)famille coréenne et des profs, et jusqu'ici ce fait INCROYABLE n'avais jamais été mentionné une seule fois.
Je sais...une explication possible est que c'est un élément trop évident pour eux pour qu'il leur vienne à l'esprit.
Une autre explication est ce que l'on appelle communément "lavage de cerveau". Vous voyez ce que je veux dire?...

Hé! Mon intention n'est pas de ne pas être sympa avec les Coréens (Je ferais mieux pas, ou ma femme risque ensuite de se venger). Mais il doit bien y avoir une explication correcte.

Un peu plus tard, alors que nous discutions de choses et d'autres avec des amis Coréens, le sujet m'est venu à l'esprit et j'ai pu leur poser la question. Une personne m'a répondu que ça n'était en rien surprenant pour la simple et bonne raison que la constitution coréenne stipule que le territoire de la République de Corée comprend la totalité de la péninsule coréenne!

Afin que les choses soient claires, laissez moi citer ici l'article de la constitution auquel cette personne faisait référence. J'ai ma propre petite collection de livres sur la Corée et certains d'entre eux incluent la constitution coréenne traduite en anglais. Alors en voici un article:
"Article 3 - Le territoire de la République de Corée comprend la péninsule coréenne ansi que les îles adjacentes". (ma traduction - si vous connaissez des sites offrant une traduction officielle de la constitution en français, merci de me faire signe)
Pour ceux qui souhaiteraient lire (en anglais) la constitution coréenne dans sa totalité(!!), suivez le lien suivant: link to the Constitutional Courts of Korea.

OK. On commence à y voir un peu plus clair.
Puisque la CONSTITUTION Sud Coréenne elle-même inclut une non-reconnaissance de l'entité communiste du Nord (car en incluant la totalité de la péninsule coréenne elle rend par la-même impossible l'existence d'une autre entité politique partageant le même espace), il est donc logique que la Corée du Nord ne soit mentionnée nulle part.

N'est-ce pas?

Et bien, disons que s'il s'agissait d'un pays disposant d'une plus grande liberté d'expression (plus que la Corée du Sud) on pourrait s'attendre à ce qu'au moins une poignée d'éditeurs reconnaissent l'existence de la Corée du Nord sur quelques cartes, ne serait-ce que pour mentionner des faits, car personne ne peut nier l'existence, de facto, de la Corée du Nord. Mais, sur le terrain, la réalité est différente, et voici pourquoi.

Nonobstant la partie à propos du territoire qui est écrit dans la pierre dans la constitution (voir ci-dessus) et qui empêche toute reconnaissance idéologique ou politique du Nord, il existe une autre loi qui se trouve au centre de ce problème. Elle s'appelle la Loi de Sécurité Nationale.
Il s'agit fondamentalement d'une loi anti-communiste qui existe depuis 1948 et qui a été utilisée à maintes reprises pour limiter la liberté d'expression en Corée depuis lors. Cette loi est utilisée pour contrer toute activité de nature pro-communiste, pro-Corée du Nord, etc. et qui pourrait "mettre en danger" la Corée du Sud.
Etant donné que son application ainsi que son interprétation sont très larges, elle peut être utilisée dans des cas très variés et est très pratique pour les gouvernements qui souhaitent restreindre les droits civiques ou qui veulet avoir la main libre pour faire ce qu'ils veulent. Ceux que ça intéresse pourront consulter ce lien d'une version anglaise ou ici pour une version coréenne (les courageux!).

Avec la combinaison de ces deux lois, l'une constitutionnelle, l'autre permettant de considérer toute personne criminelle ou traitre, il n'est pas surprenant de constater une absence totale de cartes se contentant même de mentionner la Corée du Nord, car cela implique une condamnation potentielle pour l'éditeur (des condamnations qui vont de la prison à la peine capitale).

Ce problème de non-reconnaissance de la Corée du Nord en tant qu'entité politique est un problème très grave pour plusieurs raisons. La plus importante étant probablement le fait que si l'on veut conserver un espoir de réunifier un jour le Nord et le Sud, je ne vois pas comment cela pourrait se réaliser puisqu'il semble impossible et absurde d'imaginer vouloir réunifier deux parties dont l'une n'existe pas en théorie.

Cette situation ubuesque n'a pas plus de sens pour les gouvernements coréens successifs, car ils ont tenté de négocier pendant de nombreuses années sur plusieurs fronts avec la Corée du Nord, notamment lors des pourparlers à six, avec les deux Corées (la Corée du Sud et celle qui n'existe pas), les Etats Unis, la Russie , la Chine et le Japon.

Je ne vois pas une situation aussi paradoxale mener à quelque rapprochement sérieux que ce soit entre les deux Corées. Tant que l'un des principes fondamentaux de l'existence de la Corée du Sud (son territoire comprenant la totalité de la péninsule coréenne) est là, la seule méthode qui permettrait d'aboutir à une réunificaion serait une guerre ou une désintégration totale du Nord, et ça n'est pas près d'arriver.

Si je ne me trompe pas, jusqu'à la présidence de Kim Dae-jung et sa politique du rayon de soleil (sunshine policy), la seule stratégie de réunification menée par les gouvernements Sud Coréens successifs était une politique de réunification par "assimilation". Certainement la seule politique valide quand on considère l'article 3 de la constitution coréenne...

De plus, le nouveau status de pays riche de la Corée du Sud signifie souvent que l'attitude du gouvernement Sud Coréen peut facilement devenir condescendante envers le Nord. Inutile de préciser que cela peut-être insultant à l'égard des Nord Coréens en général et, au final, contre productif en ce qui concerne une éventuelle amélioration des relations diplomatiques (qui, en théorie, ne peuvent exister).

Comme de nombreuses choses en Corée, cette situation est paradoxale. Elle est, bien sûr, un héritage de la guerre froide, et les futurs gouvernements Coréens feraient bien de comprendre qu'ils ont tout à gagner dans la reconnaissance de l'existence de la Corée du Nord et dans une plus grande liberté des citoyens. Mais pas grand chose ne pourra être réalisé s'ils continuent de refuser la réalité se trouvant sous leurs yeux.

Voilà pour ce post.
Je ne suis pas sûr d'une chose, c'est de savoir qui, concrètement, peut être tenu pour coupable si l'on se base sur la Loi de Sécurité Nationale. Cela dépend sûrement du contexte. Aurai-je à faire face à la peine capitale pour avoir écrit ce qui pourrait être considéré comme un post anti-gouvernemental? Suis-je une menace pour la Corée du Sud? Euh... Vite, appuyons sur SUPPRIMER!!!

Ah! Et puis, avant que j'oublie...BONNE ANNEE 2009!!!

Saturday, 3 January 2009

KOREA REUNIFIED !!!

I've got A MAJOR news for you. Korea's reunification is not needed since it's already there for everyone to see.
I can imagine nobody is believing me but, really, that's too bad. Because if we just have a look at the Korean weather forecasts, it seems they know something we (I mean you) don't.

Here's a photograph of a recent (december 2008) KBS1 weather forecast:


And here's another one from MBC:


What do we see?
Well, it's clear to me that they are showing us the truth, ie. Korean reunification is something that's already happened. It's just that most people don't care about the (Korean) weather forecast, or they would be aware of this historical event (I suspect that's due to the fact they've been terribly wrong lately).

For those of you who don't see my point here(among those happy few who dare read me), let us be more precise.
As everybody can see on these photographs the forecast concerns the whole of the Korean peninsula, not just the southern part, which is supposed to be South Korea (official name: The Republic of Korea). There are no mentions of North Korea anywhere on the map, even though several temperatures in the part that corresponds to North Korea are clearly indicated.

In other words, the weather forecast acknowledge the physical existence of the North, as the northern part of the Korean peninsula, but does not seem to acknowledge its political existence. I haven't checked the weather forecast on all Korean channels, but I suspect it will be similar.

It becomes even more interesting if we have a look at maps appearing in books edited by Korean publishers (no need to mention I am not referring to North Korean publishers).

A little book that is regularly published and whose title is, ironically, "Facts about Korea", offers a few maps of the country. If you browse through the book you will get the following map of Korea:

This map is neither a map of the physical features of the Korean peninsula (ie. mountains, rivers, etc.), even though the main mountains are indicated in some sort of symbolic way, with nice little drawings, as well as rivers and some plains, nor a political map, or we would have more indications than just country names and Seoul as the one and only city around. But one thing is for sure: although neighboring countries are visible (China, Russia), North Korea is nowhere to be seen.

Other maps in this book offer the same view, with a recurrent feature that is the absence of the Northern neighbour.

Now, it could be that I was just unlucky and picked the wrong book. So I decided to enjoy a stay at the Kyobo bookstore (the biggest bookstore in Seoul), and browse through other books, and maps of Korea (by (South) Korean publishers, a very important point of course) to make sure I was not hallucinating or having preconceived ideas about what I had been suspecting for many years but had never taken the time to go and check up.

I suppose all of you already guessed what was the result of this little survey and you would be right (because you're all clever): there is NOT A SINGLE MAP of Korea that mentions the existence of North Korea (I should have mentioned her official name: Democratic Popular Republic of Korea).

And you will find me naive, but I found that, truly, AMAZING!!!

I mean, I discussed on many occasions the possibility of a future reunification between the North and the Sough with friends (Korean or not), family and Professors, and not once did this AMAZING fact come up.
I know...one explanation is that it's too obvious for them even for this fact to come to their mind.
Another explanation is what is commonly call "brainwash". y'Know what I mean?...

Hey! My intention here is not to be unkind to Koreans (I'd rather not or my wife will take revenge on me). But there must be a right explanation.

A bit later, as we were discussing various things with some friends, the topic came to my mind and I asked around. One person told me that this was not surprising for the very simple reason that the Korean constitution stipulates that the territory of the Republic of Korea comprises the whole of the Korean peninsula!

To make things clear and unquestionable, let me quote here the article this person was referring to. I've got my own collection of books on Korea and a few of them do have the Korean constitution translated in English. So here it is:
"Article 3 - The territory of the Republic of Korea shall consist of the Korean peninsula and its adjacent islands."
For those interested in reading the Korean consitution in its entirety(!!), just follow this link to the Constitutional Courts of Korea.

Right. We're starting to see things a little bit more clearly here.
Since the CONSTITUTION of South Korea itself includes a non-recognition of the Northern communist entity (because by including the totality of the Korean peninsula it subsequently makes impossible the existence of another political entity sharing the same area), it's somehow logical they would not care about mentioning it anywhere.

Or not?

Well, if it were in a country with more freedom of expression(ie. more than Korea), you would expect at least a handful of publishers to acknowledge the existence of North Korea in a few maps, at least for the sake of facts, because nobody can deny the de facto existence of North Korea. The reality on the ground is different, and here is why.

Apart from the part about the territory that is written in stone in the constitution (see above) and that prevents an ideological and even legal recognition of the North political existence, there is another law that is at the centre of this problem. It is called the National Security Act.
It is basically an anti-communist law that exists since 1948 and that has been used over and over again to restrict freedom of expression in Korea ever since. This law is used to counter any activity that is pro-communist, pro-North Korea etc, and that could "endanger" South Korea.
Since its application and interpretation is very wide, it can be used in a lot of different cases and is very practical for governments who whish to limit citizen power and have a free-hand at doing what they want. Those interested can have a look here at an English version (could not find an offical English version - maybe not a coincidence?) or here for the Korean version (the courageous ones!).

Throught the combination of these two laws, one constitutional, one making people criminals and traitors, it is therefore not surprising to observe the total absence of maps even only mentioning North Korea, because it might imply a potential condemnation for the publisher (condemnations include jail sentence and, in theory, even death penalty).

This problem of non-recognition of North Korea as a political entity is very serious for many reasons. The most important one being probably that if there is any hope to reunite the North and the South, I cannot see how it can possibly be done since it does not make much sense wanting to unite one part with another that does not exist.

This absurd position obviously does not make sense for the successive Korean governments either, because they have been trying to negotiate for many years on several fronts with North Korea, notably during the six-party talks with both Koreas (South Korea and the one that does not exist), The US, Japan, Russia, China and Japan.

I cannot see such a paradoxical situation leading to any kind of serious rapprochement between both Koreas. As long as the fundamental tenet of South Korea's existence (its territory being the whole of the Korean peninsula) is there, the only way through which reunification could be achieved would be through war or total disintegration of the North. And that is not going to happen any time soon.

Until the presidency of Kim Dae-jung and his Sunshine policy of rapprochement towards the North, I believe the only strategy of reunification that led the successive Korean governements had been a policy of reunification through "assimilation". Certainly the only valid policy when we consider the article 3 of the Korean constitution...

In adddition to that, the newly acquired status of South Korea among rich nations often means that the attitude of the South Korean government can easily become patronizing. Needless to stay that that is insulting to North Koreans in general and, in the end, counter-productive to any attempt made to improve diplomatic relationships (which, in theory, cannot exist).

Like many other things in Korea, this situation is paradoxical. That is the heritage of the cold war, of course, but present and future Korean governments had better understand they have everything to gain from recognizing North Korea existence and giving more freedom to the people. They are not going to be able to achieve much by staying in a state of denial.

That is all for this post.
Oh! There's one thing I'm not too sure of, it is who, concretely, can be held guilty under the National Security Act. It surely depends on the context. Will I have to face the death penalty for writing what could be considered anti-government posts? Am I a threat to South Korea? Hu Hu...Quick, let's press DELETE!

Oh! And before I forget... HAPPY NEW YEAR!!!

Friday, 12 December 2008

Musique classique et Méchants

Plaît-il ?…
Hmm… J’imagine déjà les mines et les esprits perplexes à la vue de ce titre. Que peut-on bien pouvoir dire sur ce sujet qui soit un tant soit peu intéressant ?
Et bien, je suis désolé de vous annoncer que, si c’est ce que vous pensez, vous vous mettez le doigt dans l’œil. Et si vous voulez savoir ce qu’il peut bien y avoir d’intéressant, j’ai bien peur qu’il vous faille lire ce post. C’est vraiment dommage…

Alors bon, de quoi s’agit-il ?

Au cours de mes nombreuses années en Corée (j’habite ici, à Séoul, depuis l’automne 2002, ce qui est moins que certains mais plus que la plupart) j’ai pu voir de nombreux « dramas » - ces séries à l’eau de rose très populaires en Corée, et sur lesquelles il faudra que j’écrive quelque chose un jour – et, un beau jour, j’ai pris conscience de quelque chose d’assez extraordinaire (pour moi en tout cas).

La plupart du temps, les personnages qui aiment la musique classique sont les méchants.

Si, si. Vraiment.
Enfin, quand je dis « les méchants », ça ne veut, en fait, pas dire gangster, voleur, ou tueur en série. « Méchant » ici signifie quelqu’un qui est tout simplement mesquin, prétentieux, arrogant, sans scrupules aucun, cupide, quelqu’un qui n’a jamais entendu l’expression « fair play », qui est condescendant et enfin, dernier défaut mais non des moindres, qui est…riche. (possible que j’en ai oublié quelques uns.)

Je sais, ça a l’air injuste pour les fans de musique classique. Mais après avoir constaté, systématiquement, que le fils de p… qui venait de fomenter un complot pour s’assurer que l’ex-copain de sa copine ainsi que toute sa famille brûlerait en enfer (ou resterait pauvre, malade et dépressif) pour les 25 générations à venir afin de s’assurer qu’il ne se sentirait pas menacé de quelque façon que ce soit, écoutait de la MUSIQUE CLASSIQUE, je réalisai enfin à quel point Mozart et son œuvre était l’œuvre du Malin. Il est sûr que si je continuais à regarder ces dramas suffisamment longtemps, je finirais vraiment par penser ce genre de choses (c’est effrayant).

On peut dire que j’exagère légèrement, mais seulement en ce qui concerne l’échelle, sûrement pas en ce qui concerne l’essence de base de ce post.

Qu’est-ce Mozart, Beethoven et leurs copains ont donc de si Maléfique ?

Vous êtes sûrs de vouloir connaître la réponse ?
OK. Je vais vous donner la réponse, mais ne la répétez à personne.

Quand ces dramas associent des méchants à la musique classique, ils critiquent leur propre société, les classes supérieures ainsi que tous les fantasmes que l’on peut trouver partout, et tout le temps, dans la société Coréenne, sur « l’Occident ».

Pour comprendre comment je perçois le fonctionnement de ce mécanisme, il nous faut quelques explications supplémentaires.

Après la fin de la Guerre de Corée (1950-1953), la Corée était un pays en ruines et le processus de reconstruction de la Corée du Sud se fit avec l’aide des Etats-Unis (le contexte idéologique signifie que l’aide des Etats-Unis à la Corée ne devrait jamais être perçue comme une aide bienveillante. Ce ne fut jamais leur seule motivation, et jamais ne le sera. L’emplacement de la Corée (la péninsule Coréenne) a une valeur géostratégique trop importante (frontière terrestre avec la Chine et la Russie, le Japon est un très proche voisin) pour être abandonnée aux mains de l’ennemi communiste. Du moins, c’était en gros l’approche américaine. Aider la Corée était important dans le cadre de la politique américaine d’endiguement – je voudrais juste ajouter que toute relation diplomatique fonctionne sur le même modèle. L’aide d’un pays à un autre n’est jamais gratuite. Il y a toujours quelque chose en retour, ne serait-ce « que » de l’influence politique en arrière plan. Ce commentaire peut donc s’appliquer à tout pays « aidant » un autre pays.)

Cela signifie qu’en Corée, pendant de nombreuses années et encore de nos jours, « l’Occident » est synonyme d’« Etats-Unis », à cause de l’incontournable présence américaine et de son influence dans ce pays, et que le modèle de la Corée a été, et est encore, les Etats-Unis, à tous les niveaux. Que ce soit pour l’économie, l’éducation, le cinéma, la politique, etc. tout et n’importe quoi est plus ou moins copié ou inspiré des Etats-Unis, et cela inclut la musique classique.

Je vous accorde que, à l’origine, la musique classique n’est pas américaine, mais Européenne. Mais puisque, pour la plupart des Coréens, tout ce qui est occidental vient, directement ou indirectement, en provenance des Etats-Unis, on peut malgré tout affirmer que pour la plupart d’entre eux cela ne fait pas une grande différence. En parallèle, la musique classique a une image élitiste. Ce n’est pas comme la Pop ou le Rock, qui sont des musiques associées avec les gens dans la rue, le bruit, la spontanéité et l’énergie brute. La musique classique a son public, qui est généralement plus propre et plus calme, et dans bien des cas, plus vieux et plus aisé.

Bien sûr, on trouvera toujours des jeunes qui adorent la musique classique, ça n’est pas un problème, mais, dans l’ensemble, son public ressemble plus à celui précité qu’à celui que l’on pourrait trouver à des concerts à la Woodstock.

Dans tous les cas, étant donné que les Etats-Unis (alias « l’Occident ») est le modèle pour toute la Corée, les classes Coréennes supérieures envoient leurs enfants dans des écoles internationales et dans les meilleures universités américaines, ils insistent sur l’importance de parler couramment anglais (anglais américain), et de connaître la culture américaine, et de ce fait, veulent apprécier, ou montrer qu’ils apprécient (ce qui est assez différent), la culture des élites américaines, ce qui, pour des raisons historiques, inclut des morceaux de culture européenne, telle la musique classique.

Comme l’image de la musique classique est liée à une espèce d’élitisme, ce qui est le cas en Corée, cela signifie également qu’elle peut bénéficier d’une image assez négative auprès des Coréens de base, et que ceux qui l’apprécient peuvent être perçus, par association, comme snobs.

Mais, plus généralement, il est aussi possible de dire qu’afficher un goût pour des produits occidentaux est souvent associé à de la prétention. Disons que l’on peut comparer ce phénomène à des Anglais utilisant un grand nombre d’expressions françaises ou des Français mélangeant trop d’anglais. On aboutit à un effet similaire. You know what I mean ?

Un exemple typique de ce mécanisme dans une série coréenne serait une scène se déroulant dans un restaurant français chic (avec un sommelier Français parlant anglais avec un très fort accent), de la musique classique en fond et des rideaux baroques tout autour.

Bien sûr, la prétention n’est pas le pire des péchés, mais il n’en est pas loin en Corée, où chacun se doit d’adopter un comportement humble, quelles que soient les circonstances. Donc un riche dont ce n’est pas le cas sera perçu de manière très négative.

Il me faut ajouter qu’un autre facteur très important entre en jeu, et il s’agit de l’aspect nationaliste, ou « groupiste ».

Comme la musique classique vient de l’Occident, elle est, par essence, non Coréenne, et une personne qui se trouve préférer ce qui est étranger à ce qui est Coréen est quelqu’un qui se rend responsable d’un crime horrible. Cela peut parfois être perçu comme une sorte de trahison envers le groupe. (jetez un œil à la part (extrêmement basse) des voitures importées en Corée.)

Les Coréens fonctionnent tout d’abord en tant que membres d’un groupe, l’individu ne vient qu’après. Ils se définissent comme membres de plusieurs groupes, allant du plus petit au plus étendu, comme des poupées russes par exemple :

On peut illustrer cela de la façon suivante :
Premier groupe : parents et famille
Deuxième : école
Troisième : village/ville
Quatrième : région
Cinquième : entreprise
Sixième : pays

Il est parfois possible de lire le contraire, c’est à dire depuis le pays jusqu’à la famille, mais la famille est vraiment le point de départ. Cette succession de groupes ne devrait pas être prise comme fixe ou sans erreurs. Il est évident que je ne peux pas faire la liste de tous les groupes potentiels que l’on peut trouver en Corée (et il y en a beaucoup !). De plus, les groupes géographiques (ex. village) et temporels (ex. telle année dans telle école) ne sont bien sûr pas incompatibles, quelqu’un fait toujours partie de plusieurs groupes en même temps.

Cette préférence donnée aux groupes est souvent un gros problème. Cela prend, entre autres, la forme de régionalisme. Ce régionalisme peut se manifester de manière impressionnante, comme par exemple lors d’élections, où un candidat pourra obtenir plus de 90% (et oui!) des votes de sa région ou de sa ville natale.

Enfin bref, il semble que je m’éloigne un brin du sujet de départ, mais, étant donné que tout est lié, je pense que ce petit ajout était nécessaire.

En conclusion ? Pourquoi ? Il y en a une ? Ben, la prochaine fois que vous regarderez une série coréenne, un drama, regardez attentivement pour vérifier si je n’ai pas écrit n’importe quoi dans ce post. Ce sera ma récompense, et la vôtre.

En écrivant ces lignes, j’ai aussi pensé à l’image de la musique classique dans les séries/films en Occident.
Je me rappelle regarder Smallville (la série retraçant l’adolescence de Superman) et les grands méchants, c’est à dire Lex Luthor et son père, Lionel, écoutaient également de la musique classique (mais pas les autres, pas les gentils). J’ai aussi l’image, je ne sais pas trop de quel film, d’un assassin écoutant de la musique classique (« Orange Mécanique » de Stanley Kubrick pourrait bien correspondre)… il semble bien que musique classique et psychopathes soit une bonne combinaison dans l’imagerie populaire occidentale…

Je me demande d’où ça peut bien venir…peut-être de l’image de Wagner associée à celle de l’Allemagne Nazie ? Je me demande… vos commentaires sont les bienvenus

Monday, 8 December 2008

Classical Music and bad guys

What the?....
Hmm...I can already imagine perplexed faces and minds at the look of this title. What on earth can we say about the subject that might be interesting at all?
Well, if you happen to think like this then I am sorry to say that you would just be plain wrong. And if you want to know what it is that can be of any interest, I'm also afraid you'll have to read this post. What a shame indeed...

Right. So, what's the story?

During my many years in Korea (I'm here since the fall of 2002, which is less than some but more than most) I could watch several "dramas" - these very popular Korean soaps about which I'll need to write something some day - and, at some point, I realized something quite amazing (to me, at least):

Most of the time, characters who like classical music are the bad guys.

No kidding.
Now, when I say "bad guys", it doesn't actually mean gangster, thief or serial killer. "Bad guy" here means someone who's just mean, pretentious, arrogant, totally unscrupulous, greedy, who's never heard the words "fair play", who's condescending and, last but not least...rich. (I might have forgotten a few.)

I know, it sounds unfair for classical music fans, but if they don't watch these soaps they will be OK.

It actually took me a while to realize this. But, time and time again, after seeing that the son of a b.... who had just plotted to make sure his girlfriend's ex-boyfriend and all his extended family would burn in hell (or remain poor, ill and depressed) for the next 25 generations in order for him to be sure he would not feel threatened in any way, constantly listened to CLASSICAL MUSIC, I realized how evil Mozart and his whole work actually were.
It is certain that if I would go on watching these dramas a consequent number of years, I might end up thinking like this(that's scary).

For sure, I'm slightly exaggerating here, but only when it comes to the scale of it, not the basic tenet of this post.

So what's so evil about Mozart, Beethoven and Co?

You're sure you really want to know the answer?
All right. I'll tell you, but don't tell anybody.

When these dramas associate bad guys and classical music, they criticize their very own society, upper class and fantasies you can find anywhere, and all the time, in the Korean society about "the West".

To understand how I see this mechanism operating, I have to go through some more explanation.

After the Korean War ended (1950-1953), Korea was a ravaged country and the process to rebuild South Korea was carried out with the assistance of the US (the ideological background means that the US help to Korea should never be understood as just benevolent. It never was only that and never will be. Korea's location (the Korean peninsula) is too important geostrategically speaking (land border with China and Russia, Japan being a very close neighbour) to let it in the hands of the communist ennemy. At least that's basically what the American approach has been. Helping Korea was important to the US policy of containment - Let me also add that it's the same when it comes to any diplomatic relationship. No country offers anything for free to any other country. There's always something in return, even if it is "just" political influence behind the scene. So this comment can be extended to any other country "helping" another one.)

This means that in Korea, for many years and still nowadays, "the West" has been synomymous with "America", because of the overwhelming US presence and influence in this country, and that Korea's model has been, and still is, the US, in all aspects. Whether it about economy, education, movies, politics, etc. anything and everything is more or less copied on, or inspired from, the US, and that includes classical music.

Granted, as we all know classical music is not American in the first place, but European. But since, for most Koreans, everything Western comes, directly or indirectly, from the US, it might be fair to say that for most of them it does not make much of a difference.
At the same time, classical music does have an elite image. It's not like Pop or Rock music, that are associated with people in the streets, noise, spontaneity and raw energy. Classical music has its public, that is usually cleaner, more quiet and, more often than not, older and richer.

Of course, you will always find young people in love with classical music, there's nothing wrong with that, but, on the whole, its public is more like the one described above than the kind you find at Woodstock-like events.

In any case, since the US (aka. the West) is the role model for all of Korea, upper class koreans send their kids to international schools and to the best US universities, they place emphasis on speaking fluent (American) English, and on knowing American culture and, subsequently, are keen to like, or to show they like(quite different), elitist American culture, which, for historical reasons, includes European bits and pieces, such as classical music.

Since the image of classical music is linked to some sort of elitism, which is the case in Korea, it also means it can have quite a negative image among regular Koreans and that people liking it can be viewed as pretentious snobs, through association.

But in more general terms, it's also possible to say that showing a taste for things Western is very often associated with pretension. Let's say just like when English speakers use a lot of French expressions when speaking, or when French people mix too many English. It has a similar effect. N'est-ce pas?

A typical example of that in one Korean drama/soap would be a scene taking place in an expensive French restaurant (with a French sommelier speaking English with a very strong accent) with a background of classical music and Royal-like curtains around.

Of course, being pretentious might not be the ultimate sin, but it is very close in Korea, where everyone should behave himself/herself modestly, whatever the circumstances. So a rich person who does not, will be perceived very negatively.

I should add that there's also another very important factor that comes into play here, and it is the nationalist and "groupist" bit.

Since classical music comes from the West, it is, by essence, not Korean, and someone who happens to prefer things foreign to Korean ones somehow commits an horrible crime. It can sometimes be felt like some kind of treason towards the group. (just have a look at the (extremely low) percentage of foreign cars in Korea.)

Koreans operate first as members of a group, the individual only comes second. They define themselves as members of several groups that go from the smallest to the widest possible, like for example, russian dolls.

I can illustrate this in the following way :
First group : parents and family
Second: school year
Third: Village/City
Fourth: Region
Fifth: Company
Sixth: Country

Sometimes, you can read that it's the opposite order, ie. from country to family, but family is definitely the starting point.
This succession of groups should not be understood as fixed or without mistakes. I obviously cannot list all the potential groups you can find in Korea (and there are a lot!) In addition, geographical (eg. village) and temporal (eg. school) groups are of course not incompatible, someone is always a member of several groups at the same time.

This preference given to groups is often a big problem. One form it takes is regionalism. It can manifest itself in amazing ways, like in elections for example, when a candidate can garner more than 90% (really) of the votes from his hometown/region.

Anyway, it seems I'm starting to stray too much from the subject now, but, since everything is related, I think this addition was necessary.

In conclusion? Well, is there one? Well, next time you see a Korean soap, pay attention to see whether I've been talking nonsense here. That will be my reward, and yours.

Writing this, I also thought about the image of classical music in soaps/movies in the West.
I remember watching Smallville (the young Superman series) and the great bad guys, ie. Lex Luthor and his father Lionel, were also listening to classical music (not the other ones, and good, characters).
I also have the image, don't know from which movie, of a killer listening to classical music (well Stanley Kubrick's "Clockwork Orange" seems to fit)...looks like classical music and psychopaths are a good fit in popular Western imagery...

Don't know where that comes from...maybe from the image of Wagner associated with Nazi Germany?? I wonder...any thoughts welcome!